 La Grouches coule tranquillement le long de la promenade du Malvau |
Albert Dauza (dictionnaire étymologique des noms de lieux) rapporte que les formes anciennes de Doullens sont assez contradictoires : "Donincum" en 931 et " Dourleng" en 1147 et donne l'explication suivante : "Doullens vient de "donnos" homme gaulois et du suffixe "incum"
René Debrie rapporte que tout récemment le chanoine François Falc'hun, auteur d'un livre sur les noms celtiques, donne cette explication séduisante : le mot Dol, Dolen, se traduit en français par méandre. Il s'appuie sur la géographie pour justifier sa thèse.
"... quand une rivière coule en terrain plat, elle n'est guère pressée, mais elle ère nonchachalamment d'un côté à l'autre en décrivant des boucles". Falc'hun ignorait le détournement de la Grouches, qui eu lieu en 1950, mais sa démonstration reste logique et simple. La langue de terre enserrée dans un méandre de rivière, où la presqu'île s'avance entre un fleuve et son affluent, existait également avant 1950.
Pour conforter son hypothèse, Falc'hun cite le nom de Douilly dans la Somme, Dollon dans la Sarthe, Dollendorf en Rhénanie allemande, Dol en Bretagne et Doulaize dans le Doubs.
Toutes ces villes sont situées au confluent de rivières.
"Jusqu'à présent, c'est l'explication de Falc'hun qui nous semble la plus solide parcequ'elle est donnée en dehors de toute idée préconçue. Nous pensons en effet avec notre éminent collègue, que les noms de lieux sont souvent basés sur l'observation simple. Il parait logique que nos ancêtres n'ont pas été bien loin pour créer leurs désignations : l'état des lieux, la topographie semble bien être l'élément primordial qui s'est imposé à leurs yeux et qui a déterminé la naissance de la plupart des noms". |