Le Maréchal Hindenbourg et son adjoint, le Général Ludendorf, voulaient obtenir la victoire de leurs troupes sur les fronts français et anglais avant le mois de juin 1918, car à partir de cette date, l'arrivée massive de troupes américaines en Europe aurait créé un rapport de forces favorable aux troupes alliées. Près de 200 divisions allemandes d'infanterie, appuyées par 500 batteries lourdes sont concentrées sur les fronts de l'Ouest pour y lancer la grande offensive dans la région de St Quentin, à la charnière des troupes françaises et anglaises. Après 48 heures de combat, la percée est obtenue et la brèche s'élargit entre les deux armées.
Le commandant en chef des forces françaises, le Général Pétain, souhaite en priorité couvrir Paris, alors que Douglas Haig , le commandant en chef des troupes britanniques, se préoccupe surtout de conserver ses possibilités de retraite vers les portes de la Manche et de la Mer du Nord. Les deux commandants risquent ainsi de ruiner les chances des armées alliées.
C'est la raison pour laquelle, le 26 mars 1918, la Conférence de Doullens aboutit à la désignation du Général Foch "comme coordinateur des armées alliées" pour éviter une défaite capitale, les gouvernements alliés se sont résignés à admettre le principe du "commandement unique", alors que, jusqu'alors, ils s'y étaient opposés.
Par ailleurs, comme ce 21 mars 1918, le Maréchal Douglas Haig avait prévu, dans notre ville, avec ses propres généraux, une réunion de travail, et comme la situation militaire était telle qu'il ne fallait pas perdre de temps, le choix de Doullens s'est imposé alors que la petite cité de Dury, près d'Amiens, avait été proposée comme lieu de la conférence, par les autorités françaises.